pretending not to know

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Après cinq ans de vie au Luxembourg, il est expulsé au Maroc, et laissé à plus de 700 kilomètres de sa ville d’origine !

Témoignage d’une jeune femme à propos de l’expulsion de son ami marocain

Mon ami M. a rencontré sa femme ici au Luxembourg et ils se sont mariés quelque temps plus tard au Maroc. Lorsqu’ils sont venus s’installer au Luxembourg pour y vivre, M. a obtenu un permis de séjour provisoire de cinq ans. Il enchainait les petits boulots ce qui permettait à lui et à sa femme de vivre sans trop de problèmes. Après deux années de vie commune cependant, le couple bat de l’aile et les époux décident de se séparer. Quelque temps plus tard la femme demande le divorce qu’elle obtient au terme d’une procédure accélérée, deux ans après leur mariage. Mon ami apprend qu’il perd son droit de rester sur le sol luxembourgeois étant donné que le divorce a été prononcé moins de trois ans après le mariage. Il ne peut donc bénéficier d’une prolongation de son permis de séjour comme il le souhaitait. Gardant espoir malgré tout, mon ami continue à travailler et dans différents restaurants luxembourgeois, enchaînant les emplois précaires. Lorsque je l’ai croisé l’année dernière, dans le courant du mois d’Octobre 2012, il venait de trouver du travail dans un restaurant de la Place de Paris. Il semblait préoccupé et m’a confié qu’il espérait obtenir rapidement un contrat de travail à durée indéterminée car son autorisation de séjour prenait fin très prochainement.

Un mois plus tard, alors que j’étais sans nouvelles de lui depuis plusieurs semaines, j’ai reçu un coup de téléphone. C’était M. qui semblait contrarié et m’expliqua qu’il se trouvait au centre de rétention du Findel.  Les policiers étaient venus le chercher le matin même, à 6heures,  pour l’emmener au centre fermé. Il m’a demandé de lui apporter des habits et de prendre rendez-vous pour un entretien. Je n’avais jamais entendu parler de ce centre. Quand je suis arrivée au centre de rétention, les gardiens m’ont fouillée et j’étais choquée de voir que ce bâtiment ressemblait vraiment à une prison. J’ai demandé à mon ami pour quelle raison on l’avait enfermé  dans cet endroit,  je voulais savoir s’il avait commis un délit, ou s’il avait été mêlé à une affaire louche. Il m’a répondu que non, que c’était juste une question de papiers. Pendant tout le temps qu’a duré sa détention, je suis venue lui rendre visite chaque semaine. Il était en contact avec un avocat commis d’office. Il avait des hauts et des bas, parfois il était vraiment déprimé, à d’autres moments il semblait reprendre espoir. Et puis un jour, au bout d’un mois environ, il a été libéré. Je m’en souviens encore, c’était un 31 décembre et mon ami était fou de joie. Je l’ai accueilli chez moi et il a rapidement trouvé du travail dans un restaurant à la Belle étoile. Il était content car il avait espoir d’obtenir enfin un travail à durée indéterminée. Mais un matin, les policiers sont venus frapper à ma porte pour le ramener au centre de rétention. Il est resté deux semaines au centre fermé avant d’être expulsé pour le Maroc. Durant toute la durée du vol, il était escorté de policiers et il a dû parlementer durant de longues minutes pour qu’on lui enlève les menottes. Finalement, au bout de plusieurs heures de vol les policiers l’ont débarqué au Maroc, à Casablanca. Ils l’ont laissé là, seul, sans même s’assurer qu’il avait de l’argent,  à près de 700 kilomètres d’Oujda, sa ville d’origine. Lorsqu’il repense aux cinq années qu’il a passé au Luxembourg et à la façon dont ses rêves d’intégration ont été brisés par la machine administrative luxembourgeoise, M. ressent un profond sentiment d’injustice. Aujourd’hui encore, il essaie sans grand succès de récupérer des documents attestant des divers emplois qu’il a occupé durant cette période.

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Le bonheur vient avec le bon passeport. Une étudiante victime de discrimination raconte…

Je suis d’origine turque née en Allemagne et j’ai toujours vécu dans ce pays que je considère comme le mien. Lorsque j’ai décidé d’emménager au Luxembourg pour venir faire mes études supérieures à l’Université j’étais en possession d’un titre de séjour. Je ne m’inquiétais pas outre mesure car je pensais que mon passeport turc me donnait en tant qu’étudiante un droit de séjour permanent, mais l’administration luxembourgeoise m’a fait savoir que je n’étais pas en règle.  Ils m’ont dit que j’aurais dû demander une autorisation spéciale pour venir étudier au Luxembourg et que je ne pouvais être détentrice simultanément d’une autorisation de séjour permanent en Allemagne et au Luxembourg. Pendant ce temps j’ai été avertie par l’administration allemande que je ne n’aurai plus le droit d’avoir accès à une bourse ni à l’assurance maladie si je continuais à résider au Luxembourg. J’ai appris avec  effroi que je pouvais dans le pire des cas perdre mon visa Schengen et risquer d’être expulsée vers la Turquie, pays que je connais à peine étant donné que je suis née en Allemagne et que j’y ai résidé toute ma vie !! J’ai attendu deux semaines très angoissée une réponse et l’administration allemande m’a demandé de remplir une attestation affirmant sur l’honneur que je m’engageais à quitter le Luxembourg dès la fin de mes études. Ils m’ont alors délivré un droit de séjour au Luxembourg d’une durée de deux ans à condition que je promette de  retourner vivre en Allemagne à l’issu de ces deux années. J’étais également restreinte au niveau de mes mouvements, puisqu’il m’était interdit de participer aux échanges étudiants européens ( tels que le programme ERASMUS) dans un pays autre que l’Allemagne. Etant donné que mon Bachelor avait une durée totale de trois ans j’ai dû donc repartir vivre en Allemagne, à Trier, au beau milieu de mes études !! J’ai été contrainte de quitter l’appartement que j’aimais pour me lancer à la recherche d’une nouvelle location et j’ai été obligée de débourser une somme importante pour la caution et le loyer. Chaque jour,  j’ai dû faire le trajet aller-retour entre l’Allemagne et le Luxembourg, soit deux heures de route minimum. Ces allers retours ainsi que l’incertitude de ma situation m’ont épuisé d’autant plus que j’avais déjà dû supporter de nombreux déménagements en raison du caractère précaire de ma situation.  Les complications administratives créées par mon statut d’étudiante allemande d’origine turque m’ont pénalisé dans mon parcours universitaire de telle sorte que j’ai dû prolonger d’un an la durée de mes études. Je ne peux pas m’empêcher de penser que si l’Allemagne – mon pays de naissance-  n’avait pas été si proche du Luxembourg, j’aurais été contrainte d’interrompre mes études. Depuis, ma situation s’est améliorée car j’ai demandé la nationalité allemande et j’ai fini par l’obtenir. Mais je reste choquée par tous les obstacles et toutes les pressions que j’ai subies de la part d’une administration qui me demandait sans cesse de me justifier et m’a obligé à déménager au beau milieu de mes études quitte à les mettre en péril !

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roots of fear… road to peace

the roots of fear... the road to peace

collage 20/09/13

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Naila, jeune tunisienne enfermée 3 semaines au Findel

Il y a quelques mois de cela, mon ami tunisienne Hayet me parlait de sa soeur de Naila, que les policiers sont venus arrêter le 16 Novembre 2012 pour la placer en détention au centre fermé du Findel (Luxembourg) avant de l’expulser sous escorte policière vers la Tunisie. Voici son témoignage :

A sept heures du matin, les policiers sont venus chez mon frère pour chercher Naila, ma petite soeur. (…) Ils m’ont expliqué que sa demande d’asile avait été refusée et qu’elle devait immédiatement quitter le territoire. Ils ont ajouté qu’ils allaient emmener Naila dans un endroit pour l’aider à organiser son retour au pays. Quand je suis venue pour la première visite, les gardiens m’ont fait déposer mes affaires et les ont passées au détecteur de métaux. Puis ils m’ont demandé de retirer mon voile. J’ai refusé et me suis mise en colère. Ils ont insisté en précisant que c’était une mesure de sécurité. Je l’ai retiré afin qu’ils puissent vérifier que je ne cache rien dessous. J’ai été conduite au parloir pour la voir, elle pleurait et semblait paniquée Elle m’a expliqué qu’à son arrivée au centre fermé les policiers lui avaient pris son sac, ses affaires personnelles et son portable. Puis ils l’avaient mise dans une salle de un mètre carré et refermant la porte à clef sur elle. Elle n’a pas compris pourquoi elle se retrouvait emprisonnée, elle était terrifiée et s’est mise à crier qu’elle voulait rentrer chez elle. J’ai appris qu’elle avait  été transférée par la suite d’urgence à l’hôpital suite à de fortes  crises de nerfs. Personne ne m’en avait informé.

Finalement, après près de trois semaines de détention les policiers sont venus la chercher un matin pour la mettre dans l’avion. Durant toute la durée du vol ma sœur était escortée de deux policiers armés. Elle avait honte du regard que les autres passagers portaient sur elle. Ma sœur Naila est sortie de cette histoire traumatisée. C’était une jeune femme cultivée et gaie, qui a fait des études supérieures et n’a jamais eu aucun problème de santé. Aujourd’hui elle garde encore des séquelles de son passage au centre fermé et doit régulièrement consulter un psychologue. Il faut que les gens sachent que ce centre est une véritable prison où l’on fouille les personnes, on les prive de leurs affaires personnelles et on les traite comme des criminels. C’est vraiment inhumain. Durant le séjour de ma soeur il y avait aussi une jeune chinoise terrorisée qui refusait de parler, de manger et même de se laver. Elle restait là, toute la journée, immobile, prostrée au milieu de sa chambre. Un beau jour, ils l’ont menacé de l’envoyer au centre psychiatrique d’Ettelbrück, ils lui ont dit: “si tu continues on va t’envoyer chez les fous”. Finalement, elle s’est remise à manger. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé par la suite…

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“Et l’humanité …

“Et l’humanité tout entière m’a paru comme un malade qui se retourne dans son lit pour dormir – qui cherche le repos et ne trouve même pas le sommeil.”

André Gide- Les nourritures terrestres

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too many broken dreams – collage 12/07/13

Money won't save your soul - collage 12/07/13

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